historique

En 1993, animés par le désir de diffuser dans un contexte de production, les artistes de l'atelier L'Oreille coupée fondent Le Lobe. À cette époque, c’est un sous-espace de 200 pieds carrés prélevé à même la zone de travail que se partagent ces artistes (Marie-Josée Beaubien, Édith Bergeron, Carl Bouchard, Claudine Cotton, Patrice Duchesne, Madeleine Doré et Gérald Ouellet). Pendant ses cinq premières années, Le Lobe est entièrement géré et supporté par les artistes de l’atelier.

Convivial, Le Lobe des premiers jours devient rapidement un lieu de diffusion réputé pour son accueil et la singularité des projets exposés. Par sa situation au cœur d’un atelier de création, il devient un lieu d’échanges inédit incitant au risque et à l’innovation. Ces assises fondatrices imprègnent toujours Le Lobe. Depuis 1997, Le Lobe a déménagé et s’est agrandi, mais loge encore et toujours au sein d’un milieu dynamique de création. Il cohabite désormais avec les Ateliers d’artistes TouTTouT, regroupement autogéré comprenant une douzaine d’ateliers, plus de vingt-cinq artistes, une dizaine de travailleurs culturels et deux organismes multidisciplinaires professionnels.

La qualité et la générosité des artistes reçus marquent continuellement la programmation du Lobe qui a accueilli, depuis sa fondation, plus d’une centaine d’artistes provenant de toutes les disciplines de l’art actuel. Nous avons entre autres reçu : BGL (Québec, sculpture manoeuvre), Jean-Pierre Gauthier (Montréal, installation), Dominic Gagnon (Montréal, performance audio/vidéo), Nathalie Derome (Montréal, performance, spoken word), Julie Doucet (Montréal, bande dessinée/livre d’artiste), Geneviève Crépeau et Matthieu Dumont (Rouyn-Noranda, installation, chanson, performance), Julie Andrée T (Montréal, performance, installation sonore), Olivier Choinière (Montréal, théâtre), Marc Dulude (Montréal, installation), Martin Bureau (Ile d’Orléans, peinture, vidéo), Karen Spencer (Montréal, performance)…

Le Lobe obtient sa première subvention après 6 ans d’existence professionnelle pour couvrir exclusivement les droits d’exposition des artistes. En effet, Le Lobe est subventionné au fonctionnement par le Conseil des arts et des lettres du Québec depuis 1999. En 2004-2005, lors de l’évaluation de tous les centres d’artistes, Le Lobe reçoit fièrement la cote « excellent » pour la qualité de sa gestion et de sa programmation, ce qui lui vaut la plus grosse augmentation du CALQ pour une mise à niveau. Cette même année, Le Lobe est également admis au fonctionnement pluriannuel. En 2006-2007, Le Lobe obtient une première subvention de 5 000$ du tout nouveau Conseil des arts de Saguenay. L’année suivante, il voit cette subvention augmentée de 3 000$ pour ses efforts mis à développer la visibilité du centre et celle du travail des artistes.

Membre du Regroupement des centres d'artistes autogérés du Québec depuis 1996, Le Lobe est l’un des rares centres exclusivement voués à la diffusion de projets créés en résidence. Cette orientation pointue n’a rien d’artificiel. Elle découle de son historique, s’inscrit en parfaite cohérence dans son environnement et avec sa situation géographique. Celle-ci contribue d’ailleurs à en faire un univers singulier : en effet, il est "suffisamment loin" pour garantir le recul essentiel à un véritable projet de recherche. En même temps, situé à Saguenay (reconnu pour son dynamisme culturel) et localisé dans un environnement exceptionnel de création par sa cohabitation avec les Ateliers d’artistes TouTTouT, il baigne en plein dans l'énergie d'un milieu pluridisciplinaire capable de réellement susciter l'échange.

Avant tout, Le Lobe a toujours perçu l'artiste et son œuvre comme des générateurs de sens et de questionnement. Il a toujours avoué son penchant pour les pratiques innovantes qui font réfléchir à la place et aux modes de présentation de l'art. Non seulement Le Lobe désire proposer, soutenir et diffuser des projets artistiques conçus en résidence, mais il est dans ses objectifs actuels de participer activement à l’évolution de cette pratique. La résidence porte intrinsèquement le re-questionnement constant, un caractère évolutif et la nécessité du risque permettant d’aller plus loin. Être attentif aux exigences de cette pratique entraîne logiquement Le Lobe à adopter les mêmes paramètres dans la réalisation de son mandat.

C’est donc pour s’ajuster à l’évolution des pratiques des artistes et à leurs besoins que Le Lobe offre désormais aux artistes de mi-carrière la possibilité de décrocher, de bouleverser, voire de créer une rupture dans leur démarche. Les contre-pratiques et les projets casse-gueules deviennent, dans cette optique, possibles voire nécessaires ! À cette trame majeure de notre programmation, s’ajoute une résidence annuelle sur invitation adressée cette fois à un artiste senior. Quant aux artistes émergents, nous leur réservons depuis l’été 2006 une longue résidence estivale (trois mois) permettant le développement d’un projet ambitieux.

Le calendrier du Lobe inclut invariablement la Fête de l’Art, des soirées conférences et des événements signés LobeScène ainsi que la présentation d’événements ponctuels résultant de collaborations spontanées avec des artistes ou centres d’artistes. En 2007, il a présenté Art Nomade, un festival international de performances organisé et commissarié par Francis O’Shaughnessy ainsi qu’ImproVidéo (création vidéo), initié et commissarié par Jean-Marc Roy. Notons aussi le projet spécial de création radio Du Lobe où les artistes des résidences régulières devaient explorer les ondes radiophoniques comme matériau et comme nouvel espace de diffusion.

Le Lobe est administré par trois membres fondateurs consciencieux et passionnés et peut compter, depuis 2006, sur la fraîcheur et le dynamisme de jeunes administrateurs.

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