@Sophie Lavoie

Marie-Andrée Gill | Céline Kushpu

BIO

Marie-Andrée Gill est autrice, poète, scénariste et animatrice de balados de la nation des Pekuakamiulnuatsh. Son écriture se situe entre kitsch et existentiel et se déploie dans l’intime et la relation au territoire comme guérison. Son travail s’inspire du quotidien et de la culture pop pour faire une transition vers un monde décolonial.

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céline kushpu | céline monte dans le bois

 

Je suis en résidence de commissaire au Lobe depuis l’automne. Avec Eshi uapatika ishkueuatsh tshitassinu / Regards de femmes sur le territoire, je cherche à sensibiliser ceux qui partage le territoire avec nous, à sa beauté, à sa grandeur à travers une vision plurielle et bienveillante. Depuis plus de 10 000 ans, les Pekuakamiulnuatsh ont parcouru, nommé et respecter Nitassinan. Je cherche aussi à faire connaitre des femmes artistes ilnues, qui ont une pratique qualifiée de contemporaine et vivent encore chacune à leur manière ce territoire. Avec Soleil Launière et Sophie Kurtness, il m’est apparu évident d’inviter Marie-André Gill, cette amoureuse du territoire. Marie-André est poète dans tous les sens du terme. Le regard qu’elle porte sur le monde est empreint de poésie. Une poésie pure, brute et sans détour, qui rappelle le nehlueun, langue Ilnue, par la force de ces images. Une poésie qui ne se prend pas au sérieux, empreinte de rire comme les Ilnuatsh, ce peuple rieur. Authentique, humble, elle s’inspire de la culture populaire. Ce goût du kitsch qui a servi à désesthétiser l’art pourrait être lié à une volonté de décoloniser la poésie pour la rendre accessible à tous. Elle affirme ainsi son identité ilnue adaptée, ancrée dans les valeurs de nos ancêtres, à l’oralité, mais totalement actuelles, atténuant ainsi la dualité qui habite plusieurs d’entre nous. Porter ce regard sur le monde, c’est réactualiser les valeurs de la terre qui s’harmonisent à la vie dans la vie de tous les jours. Pour ce projet, Marie-Andrée a accepté de venir sur le terrain de l’art visuel, de l’installation. Pour la construction de cette œuvre, elle porte une réflexion sur la matérialité des mots ainsi que sur son rapport au territoire au quotidien. Ce territoire qu’elle tente constamment de retrouver dès qu’elle le quitte.

Sonia Robertson, commissaire