RÉSIDENCE DE LA PLATEFORME

L’espace plateforme a été créé en 2008 devant un besoin criant de lieux alternatifs de diffusion et à la demande de nombreux artistes. Il s’agit en fait d’une résidence d’une quinzaine de jours réservée aux membres du LOBE. Souvent le lieu d’une première exposition individuelle dans un contexte artistique professionnel, l’espace PLATEFORME contribue grandement à la reconnaissance des artistes de la relève et à leur professionnalisation. 

 

Les œuvres intégrées dans le cadre de cette résidence sont pendant plus deux mois en vitrine, l’espace étant situé directement en mezzanine à l’entrée du bâtiment. Grâce à son emplacement unique, cet espace permet de présenter des créations installatives exploitant un double point de vue, puisque les œuvres sont à la fois visible de l’extérieur, à travers une grande baie vitrée et de l’intérieur enclavées dans un espace profond et surplombant.

// Camille Brisson

Flûtiste originaire de Trois-Rivières, Camille a été initié à la musique via un programme scolaire public. Après ses études en interprétation au baccalauréat en musique de l’Université de Montréal, elle bifurqua vers les arts visuels comme travailleuse culturelle. 

 

Elle œuvre maintenant au sein de l’art actuel, tant visuel que musical, priorisant les projets expérimentaux interdisciplinaires. Son parcours atypique mais assurément artistique reflète une personnalité et démarche en arborescence, allant à la rencontre de l’autre, explorant le rapport à l’altérité, l’automédialité et l’interdisciplinarité. 

 

Maintenant établie à Saguenay, Camille est une maman impliquée dans sa communauté. Elle tient  la barre de la direction artistique de l’organisme montréalais Génération daVinci, voué à l’intersectorialité art-science, est médiatrice culturelle au sein de l’équipe du centre d’art actuel Langage Plus d’Alma et collabore à divers projets d’exploration et création en musique actuelle, notamment via le Centre d’Expérimentation Musical de Chicoutimi (CEM) et Tour de Bras de Rimouski.

 

La résidence à l'Espace Plateforme du centre Le LOBE s’avère un premier déploiement professionnel en arts visuels pour l’artiste sonore.

++ Résidence du 08 au 19 novembre

++ Exposition du 19 novembre au 07 janvier

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Concert On récolte ce que l’on CEM, Errance, Chioutimi, 2020

crédit photo Centre expérimentation musical, 2019

// Démarche

Un individu, un peu égaré, un peu dispersé... en quête de connaissance, d’identité, pour qui la recherche artistique s’est naturellement imposée comme le vecteur d’auto engendrement(1), par l’exploration, par l’imagination et l’écoute active. Une quelqu’une qui se questionne sur les rapports et limites (ou non limites) à l’altérité. Quelqu’un qui baigne dans la médiation culturelle, et dans l’auto-médiation. Quelqu’un pour qui ces deux sphères tendent de plus en plus à s’entrelacer…

«Certains d’entre nous n’ont pas une idée si claire de ce qu’ils sont, alors ils s’en veulent d’être si peu déterminés, jusqu’au jour où ils découvrent que c’est une liberté à préserver.» (2)

 -Michael Lachance

Oeuvrant au sein de l’art actuel, tant visuel que musical, j’ai une forte inclinaison pour les projets expérimentaux interdisciplinaires. Par un parcours atypique mais assurément artistique, reflète une personnalité et démarche en arborescence, curieuse et avide, allant à la rencontre de l’autre, explorant la psychologie, la sociologie, l’automédialité et l’interdisciplinarité. À saveur holistique, combinant l’humain et nature et société, le processus créatif exploite une trame narrative et symbolique où l’intuition et improvisation occupent une place prépondérante.

En arts visuels comme dans mon approche à la musique, c’est la relation à la matière qui prône. Matière plastique, humaine, réflexive. L’acte de création permet de repousser les limites d’observations et réflexions jusqu’au rapport à l’altérité. Créer me semble légitimer un mode de pensée alternatif, une lecture du soi et du monde, basé sur la sensibilité de l’artiste. Avide de savoirs, de compréhension et de profondeur, la science me berce. J’y trouve un réconfort et une grande poésie. C’est non sans impudence que je l’exploite et m’en nourris. Elle sert souvent de trame de réflexion et imagerie aux vicissitudes, tribulations ou encore au train-train.

Changeant et capricieux, mon processus embrasse la syncronicité (3), les découvertes souvent inattendues forcent les connexions qui se multiplient en modes et variations. La fuite des lignes, la fugue des idées, l’abstraction de la réponse, la cacophonie identitaire mènent étrangement à un esthétique épurée et d’un équilibre certain. En constante alternance entre le figuratif réaliste et l’abstraction géométrique, l’expression esthétique à tendance bi-polaire se veut toujours en simplicité, chaque œuvre une bribe de pensée. Certains sujets récurrents refont surface en variation de styles et techniques. Notons parmi ceux-ci l’entomologie, montagnes et reliefs, la matière, le cercle puis les lignes.

À l’occasion, l’autoportrait revient, s’imposant impulsivement, probable tentative de saisir les filaments d’identité, faisant le point sur mon évolution, tentative d’auto- engendrement.

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(1) / Dans l’optique de ‘’[...]la pratique de l’analyse jungienne est l’expérience partagée d’une confrontation et d’une position active et éthique vis-à-vis de ce qui émerge.’’

(2) / Valeur d’échange de l’authenticité – Michaël Lachance - Numéro : Ciel variable 39 - L'AUTHENTICITÉ 1 | Étiquettes : Essais | Auteurs : Michaël Lachance

(3) / Carl Gustav Jung illustrait ce concept par le très célèbre exemple du scarabée d'or.